jeudi 11 août 2016

Les vacances...

Les vacances, l'odeur du soleil sur la peau, le bruit de la crème solaire qui s'étale, la vue des remous de la mer sous les vagues, la douceur des melons juteux... et avoir l'idée, les mots, le désir urgent d'écrire ce texte, mais devoir attendre de retrouver la civilisation, l'ordinateur, la connexion...
Aaah... le papier, le stylo, les vacances...


vendredi 22 juillet 2016

Message de la SPA

Voilà l'été qui pointe, les départs en vacances, les valises qui débordent, la révision de l'auto à caler, le passage chez l'esthéticienne à prévoir, les capotes à acheter.... Mais qui donc va s'occuper de votre petite Chatoune ?

Ceci est un message de la SPA (Société de la Perversité des Adultes consentants) : 


Cet été, n'abandonnez pas votre petite chatte.
(au pire, tenez la fermement en laisse...)





dimanche 10 juillet 2016

Tordre le cou... aux idées reçues

- Je t'attends ce soir à 21h00 très précises. Tu n'ignores pas à quelle correction tu t'exposes si tu te présentes en retard, n'est-ce pas petite chienne ?

Il y a dans son "petite chienne" un je-ne-sais-quoi de glaçant, d'électrisant et d'effroyable. Elle n'a jamais été la petite chienne de personne. Les petites chiennes, ça balade ses poils sur les trottoirs trois fois par jour et ça mange des croquettes. Non, non et non, elle n'est pas une petite chienne ! Il imagine quoi ? Que parce qu'elle mouille sa petite culotte à l'idée de se faire rougir le cul, il va pouvoir la traîner en laisse dans son appartement, à ses pieds comme un gentil petit toutou ?
Non, impossible idée. Elle n'est pas ce genre de femme, elle est du genre féministe qui garde la tête haute quand on tente de la diminuer en invoquant son genre. Hors de question qu'il l'humilie de cette façon, qu'il la rabaisse au rang d'animal à son Maître, du genre à frotter sa chatte sur un mollet...No way !

- C'est évident Monsieur, et je serai à l'heure.

De toute évidence, bien que forte de ses convictions, elle évite soigneusement de signifier à son Maître d'amant qu'elle ne compte pas jouer dans la cour canine. Après tout, il sera toujours temps de refuser de jouer à ce jeu si jamais il lui prenait l'envie d'ajuster un collier de chienne à son cou. C'est bien ça le consentement mutuel, non?

A 21h00, et pas une minute de plus, elle se présente fière à la porte du Monsieur. Comme à chacune de leurs entrevues, elle a beau se parer de sa plus grande dignité, elle a les jambes qui flageolent de se savoir à tout juste un bout de tissu de sa merci. La petite culotte qu'elle a oublié de porter en serait déjà trempée d'à nouveau se livrer à la perversité du mâle.

Il l’emmène dans son salon et elle se retrouve là, debout, face à lui, un peu chancelante, vêtue de rien pour ainsi dire. Elle veut lui plaire, elle adopte la posture, les jambes légèrement écartées, les reins tout ce qu'il y a de plus cambrés, elle a les fesses qui crient famine, qui réclament leur dû, qui réclament du "fessez-moi Monsieur".

- Je note que tu n'as pas une seule minute de retard. Tu crains tant la correction ? Ne sois pas mesquine, on sait tous les deux que tu es, au contraire, venue pour recevoir ta correction. Tu sais que si je voulais, je pourrais réellement ne pas marquer ton cul ce soir ? Juste pour te faire regretter de jouer à la maline avec moi, de faire ta mijaurée, alors qu'en fait tu ne rêves que de ça, mes marques sur ton cul.

Le salaud, il avait raison. Elle se voulait maîtresse de la situation, femme respectable, qui ne cède pas à tous les caprices, même ceux du plus estimable des Maîtres, alors que dans le fond, il le savait autant qu'elle, elle était à nouveau venue pour se mettre à ses pieds. Personne n'était dupe, et elle gérait plutôt mal cette contradiction fondatrice qui la caractérisait à cet instant.

- Vous ferez comme bon vous semble Monsieur, je ne peux que me plier à vos décisions...

- Petite chienne, tu continues de te foutre de moi !

Et voilà qu'il recommence à donner dans la petite chienne. Toutes les fessées du monde, mais pas ça. L'idée même lui est insupportable. Evidemment, ses yeux la trahissent, et son "petite chienne" a dessiné dans son regard un éclair de crainte et de répulsion qui n'a pu échapper à son Maître.

- Ah tiens, tu as un problème à ce que je t'appelle comme ça, petite chienne ? Pourtant c'est ce que tu es, tu le sais ?

Le sourire pervers illumine le visage du Monsieur. Elle s'est dénoncée par les pupilles, elle a joué, elle a perdu.

- Mets toi à quatre pattes et viens à mes pieds.

Impossible. Ses jambes sont vissées sur le sol, ses genoux verrouillés, son cœur s'accélère autant que ses pensées se brouillent. Elle en a connu des situations humiliantes, mais pour une raison qu'elle ignore, jouer le jeu du petit animal de compagnie n'est pas à la portée de sa perversité. Une angoisse la prend à hauteur du plexus et l'empêche d'initier tout mouvement ou toute rébellion.

- Dépêche toi !

Le voilà qui hausse le ton, il s'énerve et elle ne sait plus si elle devrait se réjouir de l'incroyable correction qu'il va pouvoir lui administrer pour ne pas lui obéir assez vite, ou bien si elle devrait trembler de tout son long parce qu'elle sait pertinemment qu'elle ne va pas pouvoir se défiler. Toujours enracinée sur ses jambes, c'est alors lui qui vient vers elle. Son regard est noir et déterminé. La pauvre chérie, elle ne va plus y échapper. Arrivé à sa hauteur, d'une seule main fortement appuyée sur l'épaule tremblante, il la fait plier. La voici à genoux, à ses pieds, autant désemparée que troublée.

- Il va falloir que tu t'y habitues, petite chienne. Répète le autant de fois que nécessaire : tu es ma petite chienne, et ma petite chienne m'obéit. C'est du collier que tu as peur ? De la laisse ? Oh mais tu vas avoir bien pire, bien plus humiliant. Tu ne vas pas le regretter.

Hagarde, elle le regarde défaire la boucle de sa ceinture puis la tirer fermement, si bien qu'elle jaillit du pantalon tel un fouet qui s'ennuyait de ne pas servir. De ses deux mains, il approche le ceinturon de cuir derrière sa nuque, puis vient le passer autour de son cou en le resserrant par la boucle.

- Même pas besoin de collier, te voilà chienne,



Il tire dessus si bien qu'elle ne peut que tendre la tête vers le haut, les yeux implorants emplis de la honte qu'elle ressent. Il avait raison, cette ceinture est bien pire qu'une laisse. Cette ceinture fait d'elle une chienne humaine, c'est l'objet du Maître au service de sa perversité.

A l'humiliation soudaine qui l'envahit, il y a pourtant à cet instant une délicieuse douleur, presque aiguë, qui prend tout son bassin. Aucune spectaculaire fessée, aucune lacération sur sa croupe, aucun claquement résonnant sur sa peau, et pourtant, des larmes de délivrance viennent perler sur ses joues. C'était bien ce qu'elle était venue chercher dès son arrivée sur le pas de la porte, l'abandon le plus absolu, histoire de se retrouver elle face à elle-même, dans l'état le plus primaire, le plus pur en réalité, de celle qu'elle est. Et si elle est soumise à sa volonté, consentante à sa lubricité, elle n'en est pas moins, ni une femme qui se respecte, ni sa petite chienne.


lundi 4 juillet 2016

La putain et la reine.


Je suis montée sur un carrousel surréaliste, longtemps imaginé, follement désiré, qui m'offre cette rencontre d'abord épistolaire, puis anonyme et aveugle, et enfin les yeux grands ouverts. A mesure que les masques tombent, à mesure que le manège tourne, je découvre un pan entier de celle que je suis et que j'ai longtemps préféré laisser vivante uniquement dans mes rêveries les plus affolantes.

Je suis la pute et la reine. Mais c'est bien plus que ça. Je suis sa Pute et sa Reine. Et aucune des deux ne peut exister sans l'autre, elles sont toutes les deux intimement liées entre elles, vers lui.

Je ne m'explique pas toute cette ferveur, ni tout cet abandon auquel je m'autorise. Les sensations, les émotions et les sentiments sont contrastés et s'entrechoquent dans des élans inégalés. Des élans qui réclament l'abandon le plus dévoué, qui appellent les coups les plus rudes, qui font hurler de désir ma soumission la plus entière, et qui font chavirer le cœur et l'âme.

Telle une enfant dans une confiserie qui se délecterait du sucre maculé sur ses lèvres, ce sont les marques rouges qu'il dessine sur ma peau que je savoure. De sa petite putain que je suis, agenouillée à ses pieds, obéissante et abandonnée, qui lui a donné satisfaction, je deviens alors sa reine qu'il vient enlacer et couvrir de baisers.

J'ignore combien de temps tournera le manège sur lui-même, combien de temps je saurai être à ses pieds et dans ses bras mais, d'ici là, ses marques et sa douceur se succèdent et se mélangent sur la toile de ma peau, et j'aime profondément ça.



lundi 27 juin 2016

H-2

Suite de "5 Jours".

19h30, je suis prête, à quelques minutes de quitter mon cocon et traverser la capitale, le corps tout juste dissimulé sous un trench. C'était son ordre. 

Un dernier arrêt devant le miroir pour vérifier ma "non-tenue", puisque je suis nue, juste habillée de porte jarretelles et de bas noirs de circonstance. Sauf que dehors le soleil tape, il fait 25°c, des bas noirs ça jure et ça attire l’œil par un temps pareil, je ne l'ignore pas. Un trench noir boutonné et un foulard pour m'assurer de ne rien laisser apparaître, là ça fait carrément louche... Pourtant je n'ai pas le choix.
Bien sûr j'aurais pu refuser, je sais qu'il me laisse ce champs d'action. Mais je me doute également du prix à payer, et j'ignore la correction qu'il m'aurait infligée en contrepartie de m'être rendue chez lui vêtue d'un jean et d'un t-shirt.

J'enfile le trench, il est fendu derrière, jusqu'en haut des cuisses, c'est l'angoisse. Et devant, comment n'y avais-je pas pensé ? Devant il n'y a que deux pauvres petits boutons. Je sais que je vais devoir traverser les couloirs du métro accrochée aux deux pans du pardessus, au risque de me dénoncer rien que par cette attitude suspecte... J'enfile mes escarpins et je me toise. Là c'est haut-dessus de mes capacités. Les escarpins noirs, c'est la touche finale qui annonce la couleur : "petite putain de Monsieur, pitié ne m'importunez pas"... tu parles ! Je décide de retirer les talons et de faire le trajet en tennis. Ce sera moche certes, mais il arrive un moment où il s'agit de ma sécurité. Je lui dirai, je ne compte pas lui mentir, et j'en paierai les conséquences (ne nous mentons pas, je serai en réalité ravie d'en payer les conséquences...). Je glisse mes chaussures dans mon sac, à côté de ma tenue de rechange, de ma bouteille d'eau pour étancher une gorge asséchée par l'anxiété, et de mon téléphone qui me servira surtout de contenance en balançant dans mes oreilles la musique dont j'aurai besoin pendant cette 01h30 de trajet à travers Paris. Je me vise une dernière fois, le maquillage légèrement plus accentué que d'habitude, mais pas trop, les cheveux relevés bien haut par une queue de cheval qui n'est pas là par hasard.

Et enfin j'ouvre ma porte, je switche mon cerveau en mode automatique et me laisse porter par le chemin que je dois suivre. La musique sonne au plus fort dans mes oreilles, comme pour mieux me couper du monde, et j'avance d'un pas que je veux assuré. Dans la rue qui me mène au métro, je dois marcher 7 bonnes minutes. Les pans du trench s'ouvrent largement à chacun de mes pas, si bien que moi-même je peux voir le haut de mes bas se découvrir à chaque instant. Je garde les yeux rivés vers le sol. Je croise un jeune couple, la femme regarde mes jambes, je la sens me jauger, puis ils se retournent tous les deux sur moi et je les entends rire... Mes joues sont plus rouges que ne le sera jamais mon cul ce soir, quelque soient les corrections qu'il voudra bien m'administrer.

Je m'engouffre enfin dans les sous-sol du métro. Étrangement je m'y sens un peu plus à l'abri, pourtant la même faune est là, et ce sentiment de précaire sécurité ne dure pas. Je ressens le regard de chaque homme comme une menace, le regard de chaque femme comme un jugement. Il est clair à ce moment-là que cet ordre qu'il m'a donné est loin de m'exciter... l'angoisse prend le pas sur le plaisir et ça me déstabilise. Le métro avance, station après station, et me rapproche de mon premier changement. La musique s'arrête, je suis enfoncée bien trop profondément sous terre pour capter quoi que ce soit... et je vais devoir m'y faire. Je garde néanmoins mes écouteurs pour rester dans ma bulle.

Photo de Jam Abelanet.



Premier changement, je file dans les couloirs en tenant fermement mon foulard contre ma poitrine. Les deux seuls boutons du trench laissent apparaître un décolleté flagrant sur ma poitrine nue. Je repère la signalétique qui m'emmène vers le RER : gauche, droite, tout droit, deux escalators plus loin... Je me retrouve sur le quai. Il y a foule autour de moi, les travailleurs qui quittent le bureau se mélangent aux fêtards du vendredi soir, mais aussi aux touristes en balade. Intrigante image de la fameuse "parisienne" que je pourrais leur donner s'ils osaient m'approcher d'un peu trop près...

Mon train arrive, à nouveau je m'enfile dedans, et à nouveau je reste debout. Ma chatte est tout juste recouverte d'un fin tissu, je vais lui éviter le contact des sièges de la RATP. La musique ne revient toujours pas dans mes oreilles, je me sens bien seule face à tous ces anonymes et face à moi même. Je ne suis plus tout dans l'état d'excitation qui m'a portée toute cette semaine, j'ai la trouille, je m'en veux d'être si inconséquente, autant dire, d'être si folle... Je décide alors de relire nos échanges de mail, comme pour vérifier que je fais tout cela parce qu'il existe quelque chose de totalement inédit, de puissant et de surréaliste entre cet homme et moi. Je les ai tellement lus que j'en connais certains passages par cœur. Je relis cette phrase qui me donne un délicieux vertige : "Je t'imagine, tu t'es faite belle, plus belle que jamais pour être sûre de me plaire. Peut-être espères-tu ainsi de l'indulgence de ma part, un traitement de faveur, des coups moins brutaux. Mais sais-tu, pauvre folle, que plus tu me plairas, plus je serai rude avec toi ?"... Et tout d'un coup je me souviens pourquoi je me suis lancée dans cette histoire que la plupart ferait fuir en courant. 

Deuxième changement. Je me trouve désormais dans des contrées qui me sont totalement inconnues, je n'ai jamais mis les pieds par ici. Je me force à garder cet air faussement sûr de moi, pourtant dans mes yeux je sais que la panique s'installe. Je cherche mon chemin sur les panneaux, mais je manque de repères. Je pense avoir trouvé le chemin vers l'arrêt de bus, même si je ne suis pas sûre d'être dans la bonne direction. Je monte et suis obligée de m'adresser au chauffeur pour qu'il me confirme l'arrêt auquel je dois descendre. Mes mains ne sont plus moites, elles sont carrément trempées de devoir serrer si fort le col de mon trench contre ma peau. J'ai le sentiment que le chauffeur sait, qu'il a vu. J'ai compulsivement envie de regarder les boutons de mon manteau, et s'ils s'étaient ouverts sans que je m'en sois rendue compte ? Sauf que baisser les yeux vers ma tenue, c'est avouer la gène de ma nudité. Je garde donc la tête haute et lui retourne son sourire. Je file vers une place assise, et glisse rapidement sous mes fesses un magazine pour éviter le contact du fauteuil que je n'imagine pas de première propreté.

Le bus prend sa route, c'est le dernier moyen de transport que je devrais emprunter avant d'arriver à destination. Je fixe chaque arrêt, de peur de manquer le mien. Hors de question pour moi de le rater et de devoir rajouter un trajet en sens inverse pour revenir sur mes pas. L'écran digital au dessus de ma tête affiche le nom du prochain arrêt. C'est le mien, enfin le sien, donc le nôtre pour ce soir. Il est incroyablement difficile et décroiser mes jambes pour me relever, j'ai le sentiment qu'une fois debout au milieu de ce bus, mon trench tombera à mes pieds et me dévoilera aux yeux de tous... Mais je me lève, l'air de rien et descends du véhicule. 

Me voici à présent à l'orée d'une forêt. Mais qu'est ce que tu fous ici ma pauvre fille ? Je repère le chemin et avance le long des arbres. L'air ici est bien plus frais que dans les rues de la ville, si bien que la fraîcheur vient délicatement s’engouffrer entre mes jambes nues, la première sensantion agréable depuis ces deux dernières heures. J'arrive à la hauteur de sa résidence, il est temps pour moi d'apporter la touche finale. Je trouve un petit banc et m'y pose quelques minutes pour retirer mes tennis et enfiler mes escarpins. Me voilà en tenue de petite salope au milieu d'une résidence familiale... Je choisis de ne pas y penser. Je prends mon téléphone, il était convenu que je le prévienne une fois arrivée à ce point. Je lui envoie un message, simple, succinct, qui va au but : "Je suis là".
La réponse fuse : "Monte".

J'avale ma salive. Je ravale ma salive. Je pousse la porte de l'immeuble, je ne me demande même plus si je crains d'y croiser quelqu'un, je suis bien trop proche de lui pour me poser ce genre de question. Je monte les deux étages, lentement, pour m'imprégner à chaque instant de l'atmosphère tout à fait particulière qui se dégage de ce moment. J'avance doucement dans le couloir et finis par repérer la porte de son appartement. Un mot à mon intention est collé dessus. Je le lis, je souris, je blêmis. Un bandeau se trouve au pied de la porte. Je le ramasse et l'espace d'un instant je ne bouge plus et j'écoute le silence. Je suis persuadée qu'il est derrière la porte, je pourrais même entendre sa respiration, qui doit être aussi audible que la mienne. Je pose mon sac à mes pieds, déboutonne mon trench mais garde la ceinture nouée. Je bande mes yeux en ayant repéré la sonnette. Me voilà dans le noir total, à un mètre de ce que lui et moi avons dessiné à coup de mots pendant plus d'une semaine. 

J'inspire amplement, cambre instinctivement mes reins, baisse ma tête. Je sonne.

jeudi 23 juin 2016

5 Jours

L'ordre initial : observer 5 jours d'abstinence sexuelle, tout plaisir, partagé ou solitaire était proscrit.


Le déroulement : tomber la tête la première dans la tempête d'une relation épistolaire, se gargariser de mots qui à chaque nouveau message résonnent un peu mieux dans l'univers fantasmatique de l'autre. Me connecter à ma boite mail 75 fois par jour, la réactualiser si nécessaire. Trépigner dans l'attente, me sentir défaillir à la lecture, jubiler de plaisir à lui répondre.
Me prendre au jeux, se confier que c'est un jeu qui devient très sérieux. Admettre que tout cela est tout à fait déraisonnable, fou, insensé. Pourtant maintenir la qualité des échanges, projeter des fantasmes plus délicieusement douloureux les uns que les autres. Me rendre compte qu'on va le faire, qu'on va se rencontrer, que je ne vais pas flancher. 


L'état d'esprit : Enragé, engagé, pervers et doux, effrayant et excitant. Désirer plonger avec l'inconnu, désirer que l'inconnu plonge en moi.


Le but : Me présenter à lui sans l'avoir jamais croisé, en sa présence abandonner toute volonté propre. Me laisser manipuler, me soumettre à ses désirs, devenir son objet de plaisir. Encaisser ses coups, tenir bon, les déguster même. Lui présenter mon cul, le laisser le rougir, le marquer, le désirer même. Écarter mes cuisses, lui offrir mon corps, et y prendre le plus grand des plaisirs. Faire la chose qui m'excite le plus, me soumettre et obéir.


L'escalade des sens :
J-5 : "Tu n'en es qu'aux prémisses de ton dressage, la route est longue mais le chemin merveilleux".

J-4 : "A l'issue de notre première rencontre, tu auras le choix de poursuivre sur la voie de la soumission ou de renoncer. Considère qu'il s'agit d'une période d'essai, un peu particulière.."

J-3 : "Lorsque tu te rendras chez moi, j'aimerais que tu profites de ce trajet pour assumer pleinement le regard des hommes qui devineraient le jeu auquel tu te livres".

J-2 : "Je veux une putain qui ait de la classe. Je veux voir de la fierté dans tes postures".

J-1 : "Demain, petite putain, tu m'appartiens"

H-13 : "Tu seras derrière la porte de mon appartement, haletante, tremblante, et tu voudras que déjà je te punisse et t'administre cette correction que tu attends depuis si longtemps".

H-2 : "Je t'attends".

mercredi 15 juin 2016

De cul et de cœur, mes pendules sont pas à l'heure.

J'ai remarqué que le temps faisant ces basses œuvres, écarter ses cuisses devient bien plus simple que de livrer son cœur. Je crois même détenir une représentation graphique de la chose (tout à fait cynique et subjective).



Toute jeune, j'aurais suivi l'amour à l'autre bout du monde, d'ailleurs je l'ai fait. Je donnais tout, mon cul donc, mais aussi mes tripes, mon cœur, et parfois même les piécettes de mon compte bancaire lorsque je croyais que le compte commun, c'était le symbole ultime du bonheur conjugal.

Et puis malgré toutes les bonnes volontés du sentimen, le cœur à la fin, il est tout piétiné. Les tripes se retrouvent habillées pour l'hiver en forme d'andouillette, le cul devient "zone interdite de libido" mais, avec un peu de chance, on récupère de la piécette avec la revente des 2/3 meubles qu'on avait amoureusement choisis (et avec le recul, les étoiles dans les yeux avaient bousillé nos choix esthétiques).

Puis on recommence. Parce que bon, l'ivreeeeeesse des sentiments, les palpitations amoureuses, si on s'en passe, il reste quoi à la fin ? On recommence, et souvent la suite des événements a quelque chose à voir avec la fonction copié-collé si bien qu'au bout d'un moment, le cœur est en hachi-parmentier, les tripes sont carrément digérées. 

Reste le cul, la cuisse, la chair. Et là, on comprend bien que le cul et le con, c'est à peu près les deux seuls qui morfleront pas trop si on les prête. Alors on écarte les cuisses, on teste tout plein de choses, on se crée un paradis artificiel à base de jouissances extatiques, en se disant que ça remplacera bien l'ivresse des sentiments pendant les longues soirées d'hiver.

Y a des jours, ça marche, mais y a des jours où la lucidité décide de rappliquer et de rappeler que, bah non, c'est pas aussi simple que ça. Que la personne à qui on vient de confier son cul, elle avait déjà réparé son cœur, et que le notre, même s'il est un peu abîmé, il a encore de quoi fonctionner. Que finalement, la meilleure façon de ne plus morfler, ça reste encore de faire comme si avant n'avait jamais existé.